Cette belle tradition, instaurée à la fin des années 1950 dans le diocèse, invite les fidèles à se mettre en marche pour célébrer la messe du cinquième dimanche de Carême au sommet de la montagne. Un rendez-vous ancré dans la vie de l'Église locale, et auquel nous tenions à prendre part entièrement.
Une rencontre dès le départ.
Pour vivre pleinement ce pèlerinage, nous avons pris la route à pied depuis le Grand Séminaire Paul VI, marchant pendant environ une heure et demie jusqu'au pied de la montagne. Le chemin offre une vue saisissante sur la baie de Diego Suarez et son célèbre pain de sucre — un de ces panoramas qui rappellent à quel point ce pays est d'une beauté saisissante. Accompagnés de jeunes étudiantes en médecine en stage à l'hôpital et de notre chargé de mission de passage, nous avancions joyeusement lorsqu'une première rencontre est venue mettre le sourire sur nos visages. À notre arrivée, une dame nous a pris pour des touristes et s'apprêtait à nous demander de partir. Quand nous lui avons expliqué que nous venions pour le pèlerinage, sa surprise a laissé place à une joie lumineuse. Elle a tenu à s'assurer que nous avions un groupe pour nous accompagner. Un tout petit moment, mais un vrai moment de fraternité — et un beau témoignage de la gentillesse malgache, que nous ne cessons de redécouvrir.
Un chemin de croix qui rassemble
Nous avons ensuite rejoint les étudiants et les séminaristes pour vivre avec euxs le chemin de croix menant jusqu'au lieu de la célébration. Comme les stations proposées étaient en malgache, Henri a pris l'initiative d'en animer un en français pour notre petit groupe. Chemin faisant, d'autres pèlerins francophones nous ont rejoints, station après station, jusqu'à former un groupe bien plus grand qu'attendu. À l'arrivée, plusieurs d'entre eux sont venus nous remercier chaleureusement. Ce moment improvisé, né d'un simple besoin pratique, est devenu une belle expérience de prière partagée, par-delà les nationalités et les parcours.
Malgré quelques gouttes de pluie et un terrain rendu glissant par la boue, la joie était bien au rendez-vous. Ce temps de marche priante, dans un cadre naturel d'une grande beauté, nous a profondément touchés. Nous étions particulièrement heureux de vivre ce moment aux côtés de nombreux jeunes que nous accompagnons au quotidien dans nos missions.
Au sommet, une Église vivante
Arrivés en haut, légèrement perdus dans la foule rassemblée, un collègue d'Élodie est venu spontanément à notre rencontre pour nous trouver une place où nous installer. Ce geste simple dit beaucoup de ce que nous vivons ici : les Malgaches ne nous laissent jamais seuls. Ils prennent soin de nous avec une attention discrète et constante qui nous touche profondément. Pendant toute la célébration, ce même collègue a pris soin de nous traduire les moments les plus importants, pour que nous puissions nous aussi être pleinement présents à ce qui se vivait.


